Une visite au Musée Reina Sofia

Voici une visite au Musée Reina Sofía de Madrid. Cette pinacothèque fut la mieux notée en 2017 selon les données de l’Observatoire de la Culture. Une grande partie de cette renommée est due à Picasso et à sa peinture spectaculaire du Guernica, qui est la star du musée, en plus de l’innovation digitale qui y a été appliquée récemment.

Cette visite du Reina Sofía et à travers l’histoire de l’art contemporain espagnol est divisée en trois itinéraires différents : le premier est axé sur l’émergence du XXe siècle et son influence sur l’art; le second analyse les manifestations artistiques après la Seconde Guerre mondiale et le dernier se concentre sur la période allant de la révolution de 1968 à la postmodernité.

Comme nous l’avons déjà dit, Guernica est l’épicentre du musée Reina Sofía. Picasso a peint cette toile inspirée du bombardement de la ville de Guernica en 1937 par les armées allemande et italienne qui soutenaient les rebelles.

Des mois auparavant, le gouvernement de la Deuxième République lui avait confié la réalisation d’une grande toile à exposer dans le pavillon espagnol de l’Exposition internationale de Paris prévue pour l’été. Avec elle, ils voulaient dénoncer ce qui se passait dans ces années troublées, portant le problème de l’Espagne au niveau international et obtenir ainsi des soutiens possibles.

Guernica

Guernica. Pablo Picasso, 1937.

L’irruption du XXe siècle : utopies et conflits (1900-1945)

La collection de cette visite du Musée Reina Sofía commence avec la fin du XIXe siècle sur l’idée de progrès qui commença avec le début du siècle et le mécontentement qui suivit, qui permit de voir de quoi l’homme était capable.

C’est l’ère des avant-gardes : cubisme, dadaïsme, surréalisme… Modernité et tradition s’entrechoquent, ce qui est parfaitement présent dans les œuvres d’Hermenegildo Anglada Camarasa, José Gutiérrez Solana ou Medardo Rosso.

Puis, viennent des œuvres de Juan Gris, Joan Miró et Salvador Dalí, artistes qui ont milité dans les avant-gardes européennes aux côtés de Georges Braque, Fernand Léger, Sonia Delaunay et Francis Picabia, noms qui sont également présents dans la collection du musée,

Parmi tous, nous avons choisi le tableau “Arrivée du pèlerinage du riz” d’Anglada Camarasa, peint entre 1940 et 1950. On y voit son style coloré et son goût pour peindre des fêtes populaires.

Arrivée du pèlerinage du riz

Arrivée du pèlerinage du riz. Herman Anglada Camarasa, 1940-1950

De Salvador Dalí nous trouvons des œuvres aussi connues que “Jeune Fille à la fenêtre” et ce tableau, peut-être moins connu, appelé “Nu”. Le style surréaliste du peintre est imprégné dans chaque coup de pinceau. Cette représentation du corps féminin est l’une des premières compositions de la série de “Nus” réalisés par Dalí tout au long de sa carrière plastique.

Au cours de cette première visite du musée Reina Sofía, “Le Christ du sang” d’Ignacio Zuloaga nous retient. Ce peintre est le représentant maximum de l’École basque, ainsi que l’un de ses membres les plus internationaux.

Cette peinture fusionne ses innovations de composition avec les dernières réalisations des nouvelles manifestations artistiques de l’époque. Ici, premier et second plan attirent l’attention, conçus sur une toile de fond ou une représentation photographique.

Le Christ du Sang

Le Christ du Sang. Ignacio Zuloaga, 1911

La guerre est finie? Art pour un monde divisé (1945-1968)

La visite du musée Reina Sofía nous conduit à cette deuxième collection. Nous voici confrontés à un monde d’après-guerre, divisé en deux pôles : les États-Unis et l’Union soviétique. L’individualisme occidental des Américains face au collectivisme soviétique, deux courants opposés et complémentaires à la fois. La Seconde Guerre mondiale coupe avec les avant-gardes et les ébauchés de foi dans le progrès qu’apportèrent les airs de modernité du XXe siècle.

Les courants artistiques se font beaucoup plus existentialistes et des groupes apparaissent en Espagne comme El Paso ou Equipo 57. Certains des artistes qui émergèrent acquirent alors un énorme prestige international. Nous parlons de noms comme Antoni Tàpies, Jorge Oteiza ou Esteban Vicente.

On ne peut comprendre ce contexte sans observer l’ensemble européen, donc cette visite du Musée Reina Sofía abrite également des œuvres de Francis Bacon, Jean Dubuffet, Lucio Fontana, Henry Moore et Yves Klein. Enfin, des exemples de l’art concret brésilien et du mouvement lettriste.

Parmi les tableaux qu’illustrent ce parcours dans le Musée Reina Sofía, nous en avons sélectionné un de l’Equipo 57, un groupe qui en 1957 rendit public, à travers un manifeste, ses finalités artistiques : dénoncer les mécanismes de production et de marché; la volonté de renouveler la situation artistique du moment et la recherche d’une fonction sociale de l’art, ainsi que l’intégration de l’artiste dans la société. Ce travail correspond à ces approches.

Équipe 57

Équipe 57. Auteurs : José Duarte, Juan Cuenca, Agustín Ibarrola, Juan Serrano et Ángel Duarte

Le tableau suivant est d’Esteban Vicente. C’est un collage sur carton. Le peintre hispano-américain appartient à la première génération new-yorkaise de l’expressionnisme abstrait.

Sans titre. Esteban Vicente, 1970.

De la révolte à la post-modernité (1962- 1982)

C’est l’étape des années 60 à 80 que cette visite au Musée Reina Sofía aborde, moment où les changements politiques, culturels et sociaux configurant la scène mondiale contemporaine eurent lieu.

Les décolonisations, la crise économique, la révolution féministe, l’expansion de la culture populaire… Tout cela configure un théâtre dans lequel même l’art lui-même est mis en question. Les thèmes, les formes et les moyens de cette période amènent les critiques et les spectateurs de cette collection de musée à se demander: “Mais qu’est-ce c’est que l’art?”. Maintenant les artistes réfléchissent sur la culture de masse, la globalisation la culture underground, les théories du genre…

Signalons le Tableau “La famille” de Luis Gordillo, peint en 1972 qui est l’une des principales figures de l’art abstrait espagnol. Une partie de son œuvre a exploré l’importance de la sérialisation et de la répétition comme outil de composition

Certains représentants de cette dernière période sont le groupe Zaj, Hélio Oiticica, Luis Gordillo, Sol LeWitt, Dan Flavin, Gerhard Richter, Pistoletto ou Marcel Broodthaers.

Gordillo considère qu’une image est soumise à un processus continuel de reproduction et qu’elle n’atteint jamais un état définitif. D’autre part, après la découverte et la pratique de la psychanalyse, Gordillo a introduit dans son travail un intérêt pour les significations et pour le lien entre le monde de la pensée, celui de l’expérience et celui de l’expression esthétique.

La famille

La famille. Luis Gordillo, 1972.

Signalons aussi «Les trompettes du jugement» de Michelangelo Pistoletto. Cette sculpture, ainsi que les deux autres qui sont exposées, “Puits noir” et “Chevalet et toile”, répondent au questionnement de l’art expliqué ci-dessus.

Les trompettes du jugement

Les trompettes du jugement, Michelangelo Pistoletto, 1968

Il est bon de faire cette visite du musée Reina Sofía calmement. Cet endroit qui complète le Paseo del Arte avec le musée du Prado et le musée Thyssen mettra la touche finale à votre visite à Madrid.

Texte : Paloma Díaz Espiñeira


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