Chueca, le quartier inclusif de Madrid

Aujourd’hui, Chueca est célèbre pour être l’un des épicentres mondiaux du mouvement LGBT. Son nom est bien connu à Madrid, en Espagne et même en Europe. En fait, la marche des fiertés de Madrid est la plus connue au niveau international, juste après celle de San Francisco. Mais avant d’être le quartier gay de Madrid, Chueca était très différent. Au début, un quartier agricole plein de couvents et de casernes. Au XXe siècle, un quartier marginal et décadent. Comment est-il devenu ce qu’il est aujourd’hui ?

Marche des fiertés de Madrid

Marche des fiertés de Madrid. | shutterstock

Chueca, un quartier d’exclusion

Officiellement, Chueca n’est pas un quartier, mais une partie d’un quartier. Il tire son nom de la place de Chueca, à l’endroit même où se trouve la station de métro du même nom. Mais cette place n’a été construite qu’au XIXe siècle, à la même époque où une grande partie des couvents et des casernes qui constituaient autrefois l’essence du quartier ont été démolis. Parallèlement, certains pâtés de maisons ont été entièrement restructurés et, outre la place de Chueca, c’est également au cours de ce siècle qu’a été érigée la place qui porte aujourd’hui le nom de Pedro Zerolo. Ces réaménagements urbains se sont accompagnés de la prolifération des syndicats et des partis politiques.

Quartier de Chueca

Quartier de Chueca. | Shutterstock

Comme on peut le constater, le XIXe siècle est une période de changement pour Chueca, lorsqu’il n’était qu’une place du quartier de Justicia. Il faut maintenant faire un saut dans le passé, dans les années 1970, une époque où les rues qui sont aujourd’hui couvertes de drapeaux arc-en-ciel étaient les témoins de la décadence et la marginalisation su quartier. Il n’était pas rare, se souviennent ses voisins, de trouver des seringues sur le sol, des prostituées au coin des rues et des scènes de crime partout.

Dans ce contexte, bien sûr, personne n’a voulu venir vivre ici. Les loyers ont fortement baissé et seuls ceux qui vivaient en marge de la société ont déménagé à Chueca. Parmi eux, des personnes du collectif LGBT confrontés à l’exclusion sociale.

Place de Chueca

Place de Chueca. | shutterstock

Une nouvelle espérance

Pendant ce temps, l’Espagne entrait dans une nouvelle période : la Transition. En 1977, la première marche des fiertés de l’histoire de l’Espagne a eu lieu, bien que ce ne soit pas à Madrid, mais à Barcelone. En 1978 arrive la dépénalisation de l’homosexualité. Les choses ont commencé à s’améliorer pour le collectif, même si dans la pratique, ils étaient toujours soumis à une grande discrimination. En effet, la loi du scandale public (en vigueur jusqu’en 1989) allait à l’encontre de leurs intérêts, considérant qu’il était immoral, par exemple, que deux femmes s’embrassent dans la rue. Dans les années 1980, la Movida est née à Madrid.

Dans ce contexte, une multitude de boîtes de nuit ont proliféré à Chueca, principalement destinées à un public homosexuel masculin. Mais la clé est venue en 1993, lorsque la célèbre librairie LGBT Berkana, la première du genre en Espagne, a ouvert ses portes. Cela a provoqué un changement significatif, montrant que le collectif avait aussi accès à la culture. L’anthropologue Elpidio Domínguez souligne que “Chueca, avant l’arrivée de Berkana, des livres et du drapeau, était décrit comme un quartier vieillissant, perdant sa population jeune”.

Arrêt de métro Chueca

Métro Chueca. | Shutterstock

Mais avec Berkana sont apparus d’autres établissements comme la cafétéria Figueroa. Ainsi, petit à petit, les personnes LGBT ont commencé à ne plus se cacher et à ouvrir des commerces. Et avec la librairie Berkana, Chueca et Madrid ont vu leur premier drapeau arc-en-ciel, un drapeau dont personne ne connaissait la signification. C’est sa propriétaire, Mili Hernánez, qui l’a placé dans l’établissement, après avoir vécu quelques années à New York.

La transformation d’un quartier

Rue Hortaleza dans le quartier de Chueca

Rue Hortaleza dans le quartier de Chueca. | shutterstock

À Chueca, entre autres, sont nées les associations COGAM (Collectif des lesbiennes, gays, transsexuels et bisexuels de Madrid) et FELGTB (Fédération nationale des lesbiennes, gays, trans, bisexuels, intersexuels et autres). C’est là que la marche des fiertés de Madrid, dont l’épicentre se trouve à Chueca, est devenue la fête qu’elle est aujourd’hui. Grâce au collectif, Chueca est passé de l’un des endroits les plus décadents de la capitale à une référence internationale en matière de tolérance et de respect.


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