Que voir à Olvera

Dans la province de Cadix se trouve cette belle petite bourgade appelée Olvera. Ce qu’il faut voir à Olvera est lié à son histoire et à son environnement naturel. Loin des zones de plages telles que Conil, Rota, Zahara de los Atunes ou Chiclana, ses monuments et ses itinéraires nous permettent de connaître son passé sur la frontière nasride, ainsi que son moment d’importance à l’époque moderne. Une bourgade qui montre, avec Medina Sidonia, Grazalema ou Castellar, le grand intérêt et le rôle des villes de l’intérieur des terres de la province de Cadix. Voici les grands monuments d’Olvera.

Le Château arabe

Le monument le plus épique d’Olvera est sans aucun doute son château arabe-médiéval. Les restes de cette grande masse de pierre dominent la ville. Perché sur le point culminant du coin, il présente un curieux agencement qui s’adapte au terrain. Sa porte est très protégée, il y a aussi des citernes, des zones souterraines et ses propres murailles. Par-dessus le tout se dresse le donjon qui a deux étages et peut être visité, ainsi que d’autres parties de la forteresse.

Château arabe d’Olvera

Château arabe d’Olvera. | Wikimedia

Son rôle essentiel au XIIe siècle, lors de sa construction, fut de défendre le territoire nasride. Dès le début, il fit partie de la  frontière avec les royaumes chrétiens. Sa muraille, dont certaines parties subsistent, était un défi que les Castillans  choisirent d’éviter jusqu’en 1327. Après une tentative l’année précédente, Alfonso XI réussit à briser le moral des Arabes en utilisant des machines de siège. L’objectif final de la campagne était de conquérir Gibraltar et sa campagne, où se trouve actuellement La Línea de la Concepción ou San Roque. La reddition supposait des conditions avantageuses pour les anciens habitants du lieu. Plus tard, il y eut diverses réformes et Olvera se retrouva entre les mains des ducs d’Osuna.

Château arabe

Château arabe. | Mairie d’Olvera

Château d’Ayamonte ou Carastas

En dehors de la ville, dépendantes du château arabe d’Olvera, se trouvent les ruines du château d’Ayamonte ou de Carastas. Bien plus humble que la forteresse urbaine, elle fut prise en même temps que celle-ci. Nous sont restés les vestiges de la rampe d’accès et de la porte, protégés par le donjon, également quelques parties d’un bâtiment interne. Depuis le rocher qu’elle domine, vous avez de superbes vues panoramiques sur la bourgade d’Olvera. Cependant, on ne peut aller plus au-delà de l’entrée.

Château d’Ayamonte

Château d’Ayamonte. | Mairie d’Olvera

Cimetière

Le vieux cimetière d’Olvera offre quelques-unes des meilleures vues de cette bourgade de Cadix. Il date du XVIe siècle et est situé sous le donjon du château arabe. Sous sa protection, il s’étend brièvement jusqu’aux murailles. De même, il s’adosse sur l’arrière  de plusieurs maisons d’un quartier de la ville, celui des toiles musulmanes. Le blanc est la couleur principale de ce cimetière, un trait qu’il partage avec le village Ne vous en étonnez pas car il fait partie des villages blancs andalous.

Vieux cimetière

Vieux cimetière. | Mairie d’Olvera

Église de l’Encarnación

Du XVIIIe siècle, l’église de l’Encarnación s’élève au-dessus des maisons qui entourent le château arabe. Située dans le quartier de la Villa, elle est à côté de la forteresse l’image la plus typique des lieux. Un mirador sur sa façade principale est un autre point clé pour profiter d’une vue panoramique sur l’environnement municipal. De plus, il isole en quelque sorte ce magnifique temple néoclassique. À côté du bâtiment se trouve la place de l’église, l’une des principales d’Olvera.

Église de l’Encarnación

Église de l’Encarnación. | Mairie d’Olvera

Il y eut sur son site une église, démolie en 1822 pour permettre la construction de l’actuelle. L’extérieur sobre présente une façade flanquée de deux tours clochers qui permettent de deviner les trois nefs d’un riche intérieur. Les latérales servent à l’installation des autels des différentes confréries. Quant à la nef la principale, elle est dédiée à San José, le saint patron d’Olvera.

Il faut signaler que Pâques est l’un des événements des plus importants pour cette bourgade de Cadix. Du dimanche des Rameaux au Vendredi Saint, les processions se suivent. Peu de temps après, le deuxième lundi après le dimanche de Pâques, un grand pèlerinage au sanctuaire de Los Remedios a lieu sous le nom de lundi de Quasimodo. On y mange des gâteaux qui portent le nom de cette fête. En fait, ils sont aujourd’hui l’un des éléments les plus caractéristiques de la cd’Olvera.

Vue panoramique d’Olvera

Vue panoramique d’Olvera. | Wikipedia

Sanctuaire des Remedios

Ce sanctuaire de Los Remedios est le deuxième point religieux d’importance à Olvera. Construit en style Baroque au XVIIIe siècle, il est situé à environ deux kilomètres du centre urbain. Il s’y trouve une sculpture de la vierge que le peuple vénère. La raison en est qu’au début du XVIe siècle, une grande sécheresse frappa la commune. Le conseil municipal lui-même demanda que l’image soit menée au centre-ville. Coïncidence ou pas, le fait est que les pluies revinrent. Il y eut une telle joie que le lundi de Quasimodo fut instauré jour de fête. Avant la construction du sanctuaire des Remedios, il y avait là une petite église.

Sanctuaire de los Remedios

Sanctuaire de los Remedios. | Mairie d’Olvera

Couvent de Caños Santos

Le couvent de Caños Santos provient également d’une église. Selon la tradition, la raison de la création d’une église sur le site vient d’avoir découvert une statue d’une vierge dans les environs immédiats peu après 1500. Au XVIe siècle, sa construction commença et il connut rapidement un vif succès. On l’agrandit alors jusqu’à devenir un couvent franciscain. La sculpture fut transportée à Cañete la Real dans la province de Malaga.

En plus des trois églises mentionnées ci-dessus, il convient également de prêter attention à deux autres. D’une part, l’église du Socorro, réalisée au XVIIe siècle dans le style gothique-mudéjar. De l’autre, l’église de la Victoria, qui date des années 1960.

Couvent de Caños Santos

Couvent de Caños Santos. | Mairie d’Olvera

La Cilla et la Muraille

Les murailles musulmanes qui protégeaient la ville ont marqué l’expansion urbaine primitive. Grâce à cela, le quartier de la ville présente dans son agencement le typique désordre de l’époque arabe. De plus, les pentes sont très habituelles dans cette partie de la ville, il faut donc y venir les jambes prêtes. Sept contreforts  survivent dont celui que l’on connait sous le nom de grosse tour du Duc. Le musée Cilla y est situé.

Cette structure  servait aux seigneurs des lieux à conserver le grain qu’ils réquisitionnaient auprès de leurs serfs. De nos jours elle est utilisée comme salle d’exposition et auditorium en plein air. L’espace musée est consacré à l’histoire locale, comme centre d’interprétation. Sans quitter le quartier de Villa, il  vous faut  remarquer la Torre del Pan, qui était une fabrique de pain à l’époque nasride.

La Cilla

La Cilla. | Mairie d’Olvera

Le Rocher du Sagrado Corazón et Place d’Andalucía

Autre centre névralgique d’Olvera est la Place d’Andalucía ainsi que le rocher du Sagrado Corazón. La promenade qu’ils composent est également connue sous le nom d’Alameda. C’est considéré comme un lieu historique car c’est là qu’Alphonse XI planta son camp militaire lors de la prise de contrôle chrétienne de la ville. Dominés par une végétation colorée et abondante, plusieurs espaces en terrasses sont accessibles. C’est l’un des principaux jardins de la ville. Cette bourgade de la province de Cadix dispose de nombreux parcs et jardins, mais la plupart sont dans la partie plus récente et plate.

Rocher du Sagrado Corazón et Place d’Andalucía

Rocher du Sagrado Corazón et Place d’Andalucía. | Mairie d’Olvera

Dans la partie la plus élevée se trouve le rocher du Sagrado Corazón. La statue religieuse fut réalisée par l’artiste de Grenade José Navas Parejo en 1929. Bien que le reste de l’ensemble ait été commandé quatre ans plus tôt. Depuis un tel endroit, on peut profiter de superbes vues sur la ville et les environs, avec des couchers de soleil qui n’ont rien à envier de tous les couchers de soleil de Cadix.

Autres monuments civils d’Olvera

Il y a d’autres éléments civils intéressants à voir à Olvera. Par exemple, le lavoir Pino. Pour le voir il faut s’éloigner un peu du centre-ville. Il faut prendre le chemin vers le sanctuaire de Los Remedios. Quelques centaines de mètres avant est située la fontaine. Elle fut utilisée jusqu’au XXe siècle pour prendre de l’eau et laver le linge. Cependant, elle est bien plus ancienne et a beaucoup servi au XVII. Vous pouvez toujours voir les bassins et la cour où les lavandières travaillaient aux temps jadis.

Lavoir du Pino

Lavoir du Pino. | Mairie d’Olvera

Quant à la Mairie, elle date de 1968. Ce n’est pas le premier des bâtiments qui remplit cette fonction, puisque le précédent a duré depuis la fin du XVIIIe siècle jusqu’à ce qu’il doive être remplacé et que le nouveau ait été construite. De même, sur la rue Llana, entre la Place d’Andalucía et l’église de l’Encarnación, il y a plusieurs demeures seigneuriales. Leurs styles vont du Baroque au XIXe siècle.

La Voie Verte des montagnes

Au début du XXe siècle, une voie ferrée était prévue qui partirait de Jerez de la Frontera et devait atteindre Almargen, à Malaga. Cependant, les plans n’aboutirent pas ni pendant la dictature de Primo de Rivera ni pendant la 2e République. Comme toujours  à cette époque, la guerre civile mit fin à tout espoir. De sorte que les structures créées n’ont pas servi à grand-chose.

Un projet a sauvé une partie de l’itinéraire sous la forme d’une Voie Verte. Elle est gérée par une fondation depuis l’an 2000. Elle couvre actuellement 36 kilomètres et demi de parcours linéaire. Sa grande infrastructure lui a valu plusieurs récompenses et d’être nommée Route d’intérêt touristique. Elle permet de plus de connaître l’environnement des oliveraies locales. Au total, le parcours passe par 30 tunnels et 4 viaducs. Il dispose de plusieurs étapes réadaptées pour s’arrêter. La première est celle de Puerto Serrano, d’ où part le trajet. Plus tard, vient Coripe et enfin, Olvera. Le week-end et les jours fériés, le service connu sous le nom de Patrouille Verte fonctionne à plein, quatre villageois  parcourent la route pour venir en aide  aux randonneurs.

Voie Verte dans les montagnes d’Olvera

Voie Verte dans les montagnes d’Olvera | Vías Verde

Dans la dernière section, il est  possible d’observer des vautours fauves assez fréquemment. La raison en est que la route passe à travers le rocher de Zaframogón. Ses plus de quatre cents hectares constituent une réserve naturelle. La colonie des oiseaux mentionnés est la plus grande de la Communauté Autonome. Au total, il y  en a environ 200 couples. Différents types de rapaces cohabitent dans la zone : hiboux, corbeaux, entre autres espèces.

Autres sites et itinéraires intéressants à Olvera

La municipalité possède plusieurs petits points d’intérêt sur son territoire, bien qu’ils ne présentent la nécessité de plus d’une brève visite. Le plus notable est le dolmen du Toconal. À peine fouillé, il date de l’âge du cuivre et est situé dans la Sierra Blanquilla. Au lieu de plages comme celles de Sancti Petri, Roche ou le Palmar de Vejer de la Frontera, Olvera possède un environnement montagneux enviable. En particulier, le Parc Naturel de la Sierra de Grazalema, offre divers itinéraires dans une campagne dominée par la forêt méditerranéenne. Il nous reste à signaler les zones de loisirs du Prado ou les ruisseaux Chacón et Ildefonso.

Montagnes de Grazalema

Montagnes de Grazalema

Enfin, il ne faut pas oublier qu’Olvera fait partie du Chemin de Compostelle de la Frontera. Cette branche est étroitement liée avec l’origine du lieu, car elle traverse la zone contestée entre les chrétiens et les nasrides au Moyen Âge. Elle est étroitement liée à la dite Voie Serrana qui, à partir de la Línea de la Concepción, passant par Ronda, atteint Olvera avant de tourner vers Utrera et Séville. Au lieu de cela, le Chemin de la Frontera prend la direction d’Estepa et d’Écija pour finalement atteindre Los Santos de Maimona, à côté de Zafra. Là, il rejoint la Route de l’Argent. Une alternative originale bien marquée dans la commune, et tout le parcours, grâce à l’association Villae Naevae.
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Infos pratiques

Coordonnées

36° 56′ 05″ N, 5° 15′ 36″ O

Distances

Cadix 127 km, Malaga 122 km et Madrid 534 km.

Stationnement

Il y a un parking payant dans la rue montant vers l’église. Places de stationnement gratuit et payant dans le reste de la bourgade.

Altitude

643 m.

Population

8.113 habitants (2019).

Si vous allez à Olvera, prenez note de ces fêtes: Pâques, pèlerinage du lundi Quasimodo (deuxième lundi après le dimanche de Pâques). Foire royale et fêtes de San Agustín (27 au 31 août) ou Nuestra Señora de los Remedios (15 août).

Festivals d’été, le carnaval, le Corpus Christi ou la foire aux bestiaux (mai).


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